[Refrain : Tous] Y'en a de d'ces villages pourris Qu'on traverse avec le bus de tournée Où on n'aimerait pas y être né Pas y être élevé, pas y pa**er sa vie Ne jamais y habiter, encore moins y être enterré [Couplet 1 : Franck] Sur la petite place y'a un bar avec une enseigne En peinture écaillée, presque effacée « Au bistrot des amis » Y'a une vitre avec des autocollants déchirés Le verre est tellement sale que même le soleil ne veut plus s'y réfléchir Et je les vois tout les quatres : Le barman, son gros bide et deux vieux avec des moustaches Ils se racontent des trucs sur leurs guerres, leurs femmes Leurs arabes et sur le résultat du Tiercé : « paraît qu'c'est Torche-vive qu'est arrivé 1er dans la sixième » « paraît qu'les gradins ont brûlés ! » [Pont : Christophe] ...Le feu est rouge... [Couplet 2 : Franck] Je vibre, je me pose avec les mouches Sur les bouteilles de whisky pleines de poussières Dans la poubelle, je gratte les épluchures de pommes de terre Et j'entends loin, loin, dans le vieil auto-radio une mélodie trop familière Cette année-là de Claude François Dans la cour, les troncs d'arbres font comme des corps décharnés Y'a un peu de soleil qui perce, c'est joli Ça dessine une tâche blanche sur le goudron éclaté J'ai envie d'une madeleine Y'a une odeur de serviette mouillée Une odeur… de brûler…persistante ! [Pont : Antoine] ...Le feu est toujours rouge... [Refrain : Tous] Y'en a de d'ces villages pourris Qu'on traverse avec le bus de tournée Où on n'aimerait pas y être né [Couplet 3 : Franck] Un jour, je sais, mais je sais pas pourquoi, un jour y'a une fille Une rousse jolie, Madeleine Comme la station de métro dans la chanson de Proust Elle aimait bien les robes à fleurs Madeleine mais elle a disparu Et comme les gens ne s'en souviennent plus, ben ils l'ont oubliée Mais moi, j'ai creusé la terre, jusqu'à retrouver son corps dans un sac poubelle Sa robe était à fleurs, ses cheveux n'avaient pas perdu leur couleur Car je l'ai serré contre moi et j'ai vu y'avait des flammes sur sa tête ! [Pont : Frédéric] ...Le feu est toujours rouge... [Couplet 4 : Franck] C'est cette nuit je crois, la fête de la musique Les gens de mon voyage déchirent leur tunique Renaissant de leur cendres, ils sifflent dans leurs flûtes Au cimetières des morts contre mes visions luttent Madeleine est au bal enlaçant des zombies Ses yeux tombent à mes pieds comme deux fruits confits Les arbres s'en amusent, les deux vieux du bar fument Je m'épuise, je m'use, mes forces se consument Ah ! Le feu est tellement tellement rouge L'église est vieille, on dirait une sorcière, les gargouilles n'ont plus de tête Sur le clocher, y'a une grosse grosse horloge si ronde qu'on dirait un réveil J'en ai un aussi, chez moi, j'ai un lit au bout de la route Je retrouverai ma couette et les murs de ma chambre Et je me sentirai mieux parce que mon réveil à moi, il est vieux, il est tout moche Mais il ne tourne pas dans le sens inverse des aiguilles d'une montre ! Alors j'attends, j'attends patiemment que le feu pa**e au vert [Refrain : Tous] Y'en a de d'ces villages pourris Qu'on traverse avec le bus de tournée C'est pas là qu'il fallait tourner